Terre de frontière.
di Katia Di leo
Ce pays est dans un état grave en raison de la nonchalance architecturale de ses nombreux propriétaires. Je l’ai fait il ya plusieurs années de recherche, en espérant qu’un jour servir à donner une nouvelle vie à ce beau joyau, peut-être le plus beau village dans le Val d’Elsa.
Bibliografia:
Emmanuele Repetti , varie con tematica Toscana Antica
Gian Pietro Vieusseux - Archivio Storico Toscano
Castello di Linari
Paolo Pirillo – Costruzione di un Contado
Linari , petit bourg médiéval fortifié surgit sur une colline à 255 mt d’altitude en position dominante entre les collines de la Valdelsa et à 2 km de la rivière Elsa. Le nom de Linari vient de Linearis , toponyme d’origine latine, qui signifie limite, seuil, poste frontière, ce qui reprèsente bien sa position territoriale, puisque situé à la limite entre le territoire de Florence et celui de Sienne. Une première trace écrite concernant le chateau est constituée d’un contrat passé avec l’abbaye non lointaine de Passignano, remontant à 1072. Autrefois, le château de Linari était situé en marge physico politique et juridictionnelle du comté florentin, naturellement défendu sur trois cotés par des falaises, est cité comme étant une terre fortifiée contrôlant la route pour S.Gimignano et Colle Val d’Elsa, variante de la voie Francigena , motif qui rendit Linari convoitée parmi les plus grandes puissances féodales d’abord, communales par la suite.
Ici, comme dans d’autres zones de la Valdelsa des investissements de capitaux de citadins et les processus de formation des domaines constituaient , dès le début du treizième siècle, une réalité consolidée . Les premiers propriétaires furent les Cadolingi di Fucecchio, mais très tôt le château devint indépendant, commune libre dès 1279, et entra en 1292, dans la ligue de San Donato in Poggio, en retirant de nombreux avantages qui le rendirent vite prospère. La commune était formée outre le territoire du château, des propriétés de lieux-dits et villages dont on conserve encore les noms parmi les propriétés isolées : Podere Donatea , Podere Sertofano ; Podere Poggetto , Podere Arte ; et de groupements d’habitat rural : Capalle, Selva, Giugnano et Vignano . Il semble que la commune de Linari fut doté d’une armée de 400 hommes, nombre considérable à l’époque et signe d’une grande importance.
La République Fiorentine ne manqua pas, par la suite d’assujetir Linari à son contrôle ce qui fut le début de son déclin. En 1432 le château fut assiégè, pris d’assaut et gravement abimé par les troupes siennoise de Filippo Visconti qui exécutèrent tous les prisonniers et portèrent dans les bordels de Sienne les plus belles femmes. Niccolò da Tolentino le reconquit en seulement six jours, en faisant le centre de son fief. Le témoignage de Léonardo da Vinci à ce sujet est très suggestive : “Con somma celerità ne veniste a Linari, castello munito da natura, fortificato da nemici, fornito di validissimi difensori. La vostra magnificenza con sommo ardire et incredibile virtù, sanza bombarde et sanza altro instrumento da combactare terre, solo con battaglia manuale, espugnò e vinse”. En 1500, suite à l’unité granducale, l’importance stratégique de Linari diminua. Parmi les propriétaires successifs les familles Gherardini, les Guidi Capponi, les nobles Mancini Ridolfini et celle des Baldi.
Au dix-huitième siècle le château fut restauré et fortement remanié selon le gout de l’époque. Ainsi furent ajoutées des voutes néogothiques qui malheureusement n’ont pas épargné les structures d’origine médiévale comme la maison du seigneur chapelle avec tour , comme d’autres édifices ruraux répartis le long de la voie centrale pavée, de nos jours ne peut être parcourue qu’en partie. Cette voie unissait les portes d’accès, celle au nord, appelée Porta a Salti, aujourd’hui présente sous forme d’une construction d’inspiration médiévale du début du dix neuvième siècle. Celle au sud, probablement appelée Porta al Perone. La porte nord fut probablement appelée porte “des sauts” en raison des fortes dépressions crées par le terrain en tuf présentes sur ce versant d’accès difficile. Sur le versant sud, l’accès est plus facile car le terrain est prolongé par un plateau qui se sépare et rejoint le fond de la vallée en douceur. Au pied de la colline sur laquelle est construit Linari courent trois rivières : la Drove, la Staggia et la Bozzone, affluents de l’Elsa.
Les murs de forme elliptique ont pratiquement disparu, à l’exception de deux tours et la base d’une troisième en ruines.
Linari possède deux églises importantes, la principale d’entre elles, à l’intérieur de l’enceinte fortifiée est celle de S.Maria, construite sur la roche applanie et en partie écroulée, où est encore visibile l’inscription qui rappelle Linari commune libre. Hors de l’enceinte des murs est située l’église de saint Stefano [citée en 1202 comme appartenant à la commune de Semifonte], belle église de style roman rural du treizième siècle avec une nef unique comme annexe à l’oratorio de S. Carlo Borromeo. Beaucoup des éléments successifs sont gothiques.
Vie et société.
Durant le régime fèodal la plus grande partie des habitants de Linari appartenait à la classe des fidèles, C’est-à-dire ceux qui avaient reçu des immeubles en bail amphytéotique se soumettant à de lourdes charges et divers frais. L’emphytéote ne pouvait pas aliéner les maisons et terrains qui lui étaient concédés sans le consentement du seigneur et en plus devait monter la garde nocturne sur les remparts et aux portes du chateau payant annuellement au domaine les services auxquels il était astreint. La condition pénible et servile de la plus grande partie des fidèles provoqua au douzième siècle la plus tenace lutte des opprimés pour se soustraire à leurs charges.
Le 29 mai 1270 il devint pour la première fois commune libre. Ceci fut ratifié par des consuls, et fut probablement établi par de modestes propriétaires et par des paysans, salariés journaliers. Lorsqu’il fallait convoquer tous les hommes, on se réunissait en l’église de S Maria, avec les consuls et un notaire qui était chargé de faire payer les amendes et qui rapportait fidèlement les comptes rendus à Florence. L’assemblée était annoncée par le son des cloches et par la voix du crieur public selon l’usage. Au conseil général étaient admis seulement ceux qui payaient les impots publics et donc étaient exclus les prolétaires et les sans ressources .On calcule qu’autrefois le peuple de Linari était composé de presque 1500 personnes . Jusqu’il y a quelques année une pierre gravée située à coté de la citerne publique rappelait le moment où Linari devint commune libre ( MCCCLXIX…COMUNE…LINARI…P.TO APPIANO…) . Sur la citerne publique se trouve une petite pièce qui est sans doute part de ce qui fut l’édifice communal avec une petite place attenante appelée platea communis. La construction fut démolie en 1844 parce que dangereuse .
L’enceinte limité du chateau faisait que les maisons étaient serrées et adossées dans un espace restreint. En fait elle ressemblaient plus à des cabanes ou des taudis. Dans le chateau vivaient quelques riches familles, mais plus nombreux étaient ceux dont des propriétaires terriens avaient exploité le travail et la sueur. La plupart des habitants ne possédaient rien. Dans l’enceinte des murs se trouvaient des caves creusées dans le tuf, qui furent aussi initialement des habitations. La tradition veut que de nombreux édifices se soient écroulés sur les pentes riches en eau à peu de distance du chateau, lieu dit source chatelaine.. Il y avait de nombreuses cultures de vignes, olives, blé et orge. La terre était mesurée en boisseaux et divisée en panora et pugnora . La mesure de l’huile s’appelait en revanche la broccola.
Les jeux d’argent étaient interdits et de lourdes peines punissaient ceux qui jouaient comme ceux qui regardaient. Il était permis de jouer aux échecs, les osselets, les marelles ( communément appelé jeu des pierres) , et le lancer ( tir à l’arc ) .
Il était imposé à tous les propriétaires terriens et aux sans biens de payer les impots de l’église, de réparer les routes et les cours d’eau de leur propre commune au mois de Mai .Les patrons étaient obligés de tenir propres les rues publiques et de tailler les haies en Aout.
Si à un enterrement un proche ne venait pas saluer le défunt, il était à l’amende de 20 sous , comme dans le cas où le pretre ne trouvait pas à l’attendre devant la porte une persone dument payée qui devait ensuite s’unir au cortège pour transporter le défunt de l’église au cimitière.
Il était interdit de capturer des coupables le vendredi jour de marché à S.Donato ; Interdit de jeter des pierres sur les toits des maisons et la peine était multipliée si des pierres étaient jetées sur les fenetres d’une maison ou habitait une épouse.
Le bourg était en outre une terre fortifiée sur la frontière entre les implacables et guerrières Sienne et Florence. Pour cela les habitants de Linari n’eurent pas une vie facile jusqu’à ce que les Medicis unifièrent la Toscane. Outre la misère, mal commun des populations des campagnes, s’ajoutait l’état de guerre continuelle entre les deux villes avec tout ce que cela comporte : assauts, morts, dévastations des terrains cultivés et déportation des habitants . Par le passé ce ne fut donc pas un lieu idyllique. même si la vallée entre Linari et Sant’Appiano fut appelée Valcanora, en référence aux chants des oiseaux dont disait-on elle était comble , du fracas de ses sources d’eau, et des parfums des fleurs de ses bois.
Eglises de Linari:
S.Stefano a Linari
Située à la sortie du chateau de Linari, dans la partie sud ouest du sommet qui surplombe la vallée de la rivière Elsa , elle fut citée comme simple église appartenant au territoire de Semifonte avant qu’il soit détruit le 07 avril del 1202. Entre 1260 et 1266 elle subit de graves dommages de la part des Ghibellini florentins qui détruisirent la propriété de leurs prédecesseurs les Guelfi. Elle fut sufragante de 1266 à 1277 du pluvier de S.Appiano . Une communauté de chanoines était attachée à l’église de di S. Stefano comme il apparait clairement dans l’ouvrage “Rationes Decimarum” du 1276-77 et dans les documents successifs.
Durant tout le XIVème siècle, Linari fut au centre de nombreux déplacements, le démontre le fait qu’il existait de nombreux hostelleries aux alentour : Cortebuona (dès l’an 1348) , S.Niccolò (de 1289 à aujourd’hui disparu, où séjournaient les pélerins se rendant à Rome) et S.Maria ( 1313 ). Cette fonction procura une certaine prospérité durant tout le XIV ème s.
L’absence des religieux qui vécurent sur les lieux porta de fortes dégradations à l’église, qui en 1446 était quasiment détruite. Par la suite ( XVII ème s .) différentes interventions introduisirent des éléments baroques . Vers 1930 Une reconstruction a reporté la structure ancienne médievale, en la nettoyant des éléments baroques, et lui redonnant sa sobriété originale. La structure de cette église de petite dimensions est typique des églises rurales du 13 ème s: plan rectangulaire construite en briques avec des éléments gothiques dans les voutes à une ouverture , sans abside et en grès à la base. Sous les pentes du toit de chacun des murs latéraux s’ouvrent des fenetres étroites, tandis que sur la façade, une voute arrondie surplomble le portail d’entrée moderne. Sur le mur de la tribune, sont percées trois ouvertures avec voute en terre cuite qui rappellent, en particulier celle au centre, celle des saints Jacopo et Filippo à Certaldo. Des éléments romans sont visibles dans les parties inférieures du périmetre mural et sur le coté sud où s’ouvrait un portail plutot élégant, aujourd’hui muré. Couronné par une arcade en terre cuite de tradition florentine composé d’ un anneau de renfort mouluré et décoré en zig-zag , un des motifs plus diffus et plus antiques de la Valdelsa .L’association de tous ces éléments permet de situer cette phase de la construction entre le l’Xième et le XIIIème s. Du treizième également la voute de la porte entre le choeur et la sacristie à l’intérieur duquel se trouve une fresque monochromatique qui représente un dragon qui dévore un homme et un cavalier avec sa lance. Le clocher, tour carrée assez noble, de style gothique, aurait plus d’élan si la flèche de forme pyramidale était terminée. A coté de l’église se trouve un petit oratoire de la fin du seizième dédié à S.Carlo Borromeo qui en fut l’hote. De l’oratoire se trouve un tabernacle eucharistique en pierre de taille de style renaissance .Dans le tympan se trouve le symbole de la trinité formé par trois visages humains barbus , ce symbole, meme s’il n’était pas approuvé par les autorités éclésiastiques se retrouve toutefois dans des églises plus importantes comme celle de S.Stefano et de S.Trinità à Florence.
En cette église se célébrait la fete de S.Apollinare , car on croyait que le nom de Linari dérivait du nom du saint. L’église est ouverte au culte et peut etre visitée.
S.Maria a Linari
C’était l’église de la paroisse du chateau construite sur le plateau du rocher au XIIIème s. Le plan roman avait une petite abside semie-circulaire qui fut perdue lors de la transformation au seizième s , à l’intérieur les superstructures baroques s’écroulent, car elle est abandonnée depuis trop longtemps..Le beau clocher au contraire, élégante construction du seizième est singulier dans nos campagnes, il donne une touche de qualité au sommet .C’était depuis cette église que les habitants de Linari voyaient arriver les secours ou les ennemis. L’ennemi ne pouvant traverser le bourg devait longer le chateau pour se rendre à Poggibonsi et Certaldo , en se cachant dans les bois, traversant à gué des rivières, autrefois fleuves , qui le plus souvent innondaient la Valcanora la rendant marécageuse et difficile à traverser. L’église servit également de siège pour les assemblées populaires et le conseil. A la fin de 1313 existaient deux confraternités dans l’église de S.Maria : la societas sancte marie qui tenait un hospice pour les pellerins et les pauvres de passage, et la societas discipline c’est à dire une compagnie de pénitents, comme il y en avait de nombreuses dans les villes voisines de Sienne et Florence. L’église renfermait de précieuses oeuvres d’art . deux tableaux représentant la madonne à l’enfant et les saints des peintres florentins du XIVème et Xvème s actuellement conservés au presbytère de S.Stefano.
Ouevres:
Madonne à l’enfant “S.Dorotea et Santa Lucia”
Le tableau exécuté sur toile cintrée ( 100 x 54 cm ) représente la vierge à l’enfant entre S.Luca et S.Dorotea remonte à l’école florentine du XIVème s et est attribué à un peintre qui se rapproche par le style à Jacopo de Cione.La madonne de Linari appartient en fait à la sphère restreinte orcagnesca mais révèle une haute qualité artistique assez inhabituelle. On remarque en fait comme la masse plastique de la madonne prend le champ du tableau tout entier , et comme ce signe d’effusion est accompagné d’un léger mouvement du visage; remarquer en outre la grace des saintes qui comme des petites statues décorent le groupe sacré. Observer enfin comment le peintre appuie par ferme modellage les nuances, similaires à de légères et denses lueurs.
“S.Pietro entre Paolo et Giovanni Battista”
Une oeuvre représentant la paix, très beau travail en cuivre cisellé e doré de Filarete .Appartenant à l’école florentine du XV s , il lui a été attribué par rapprochement avec la porte du Vatican qui sont très visibles, on retrouve les memes visages, la meme façon de traiter la barbe en fines lignes et décorations similaires, sur des fonds travaillés comme sur un ivoire byzantin, aux tetes d’anges s dans les lunettes latérales aux anges ailés appuyés à celle principale et l’architecture à pilastres corynthiens cannelés. La seule différence importante est dans le drapé, dans cette paix de Linari il est plutot délié, fluide et plastique, dérivant de la phase Ghibertinienne de Donatello ou étant à Rome il était plutot rigide et linéaire. La paix de Linari semble précéder celle de l’activité romaine de l’artiste, en ce cas elle représenterait un aspect de sa période florentine et juvénile.
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